Le chargé de mission du préfet du département du Couffo, Théophile Kpanon a, dans une interview exclusive accordée au correspondant local de l’Agence Bénin Presse, appelé les dirigeants à tous les niveaux et les communautés à se saisir du document de la résolution 1325  du conseil de sécurité des Nations Unies afin de lui donner corps. 

  

Adoptée à l’unanimité le 30 octobre 2000 par le conseil de sécurité des Nations Unies, la résolution 1325 est très peu connue du public béninois bien qu’elle met l’accent sur la protection des droits fondamentaux des femmes et des filles dans les conflits, en particulier la prévention des violences basées sur le genre.  Rencontré à la préfecture d’Aplahoué, Théophile Kpanon, l’un des chargés de mission du préfet du département du Couffo a confirmé avoir entendu parler de la résolution 1325 du CSNU mais ne s’est pas donné la peine de se l’approprier. A en croire ce cadre de la préfecture, la méconnaissance de cette résolution par les citoyens est à déplorer parce que, explique-t-il, « C’est à déplorer en ce sens que les Nations Unies travaillent pour l’humanité, pour rapprocher les peuples, pour asseoir la paix, une paix durable ». Pour lui, la résolution qui vise à mettre les femmes au cœur du processus de consolidation de la paix mérite d’être vulgarisée et connue de tous et même ceux qui ne sont pas allés à l’école doivent connaître cette résolution afin  d’y travailler. Prenant pour exemple la pensée qui dit ‘’ les hommes construisent les maisons mais ce sont les femmes qui construisent les foyers’’, Théophile Kpanon pense que construire une maison est une chose mais construire un foyer en est une autre et c’est ce qui, pour lui  est fondamental parce que précise-t-il, « s’il y a de maison sans habitant ce n’est pas bien ». Toujours pour le chargé de mission, en temps de guerre et/ou de conflit armé, les gens fuient leurs maisons, leurs villages même les quartiers et villes pour des destinations parfois inconnues et c’est sauf qui peut. Alors, pour ramener la paix, étant donné que ce sont les femmes qui construisent les foyers, il faut les associer.  Et l’implication de la gente féminine dont il est question ici, explique Théophile Kpanon, « ne consiste pas seulement à prendre une résolution mais plutôt travailler à donner corps à cette résolution et donner corps à cette résolution c’est faire en sorte que à la fois au début, pendant et après il faut associer les femmes ». Selon lui, entre l’homme et la femme, s’il doit avoir la paix, la femme joue un très grand rôle et c’est d’ailleurs au nom de ça déclare-t-il, « que Dieu a donné à la femme beaucoup de qualité, beaucoup d’aptitude et même le sourire qu’elle affiche est très important dans une discussion ou dans une négociation ».

Par ailleurs, parlant de la paix de façon générale, monsieur Kpanon a estimé que la présence de  tous les acteurs notamment les hommes et les femmes est nécessaire car, souligne-t-il, « l’approche genre que nous cultivons à tous les niveaux doit aller jusqu’à la paix étant donné que sur cette terre rien n’est possible sans la paix ». Il a, de ce fait, lancé un vibrant appel aux dirigeants à tous les niveaux, aux communautés elles-mêmes pour que chacun se saisisse de ce document de la résolution 1325 des Nations Unies pour lui donner corps c’est-à-dire traduire cette résolution dans les actes,  les faits, les pratiques déjà à partir des ménages que nous avons.

 Aplahoué, 08 Sept. 2018 - ABP/CBA

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